Julia-Pearl Aveline soutient sa thèse intitulée "Interroger le rôle des événements de vie dans les changements de comportements de mobilité quotidienne. Une analyse longitudinale du Panel National Mobilité français (2018-2024)."
Cette thèse a été réalisée sous la direction de Thomas Buhler et de Samuel Carpentier-Postel.
La soutenance aura lieu le lundi 30 mars à 14h au Grand Salon à l'UFR SLHS, 32 Rue Mégevand à Besançon.
Jury
Thomas Buhler, Professeur des universités, UMLP, UMR ThéMA - Directeur de thèse
Samuel Carpentier-Postel, Professeur des universités, UMLP, UMR ThéMA - Directeur de thèse
Christophe Imbert, Professeur des universités, Université de Rouen, UMR IDEES - Rapporteur
Vincent Kaufmann, Professeur des universités, EPFL, LaSUR - Examinateur
Patricia Sajous, Maîtresse de conférences HDR, Université Le Havre Normandie, UMR IDEES - Rapportrice
Stéphanie Vincent, Maîtresse de conférences, Université Lyon 2, UMR LAET - Examinatrice
Résumé de la thèse
La littérature sur les « mobility biographies » met en avant une « vertue transfromative » que les événements possèderaient, susceptible d’induire plus aisément des changements dans les comportements de mobilité quotidienne. Nous explorons cette hypothèse en analysant la relation entre les événements de vie les plus fréquents (changement de situation professionnelle, de situation conjugale, déménagement, nouvelle naissance, modification de l’état de santé …) et les changements des comportements de déplacement à partir des données longitudinales du Panel National Mobilité (PaNaMo). Cette enquête suit, entre 2018 et 2024, un échantillon représentatif de la population française métropolitaine. Ce travail s’organise autour de trois questions principales : (1) Comment mesurer les changements de comportements et les événements de vie ? (2) Dans quelle mesure ces changements de comportements peuvent-ils être attribués aux événements eux-mêmes, indépendamment d’autres facteurs ? (3) Quels autres facteurs comme l’intention, la motilité, la socialisation et l’habitude participent au déclenchement ou au contraire à l’inhibition de ces changements ?
Les résultats montrent que les changements de comportements de déplacement ne sont ni systématiquement ni fortement corrélés aux événements de vie, et que leurs effets demeurent globalement limités. Ils apparaissent toutefois plus marqués dans le cadre des trajectoires professionnelles à des étapes clés, comme l’entrée sur le marché du travail ou encore le départ à la retraite. L’analyse met également en évidence le rôle central des habitudes et en particulier de l’habitude automobile comme facteur de stabilité de la mobilité, y compris face à la survenue d’événements de vie. Les intentions déclarées de changement et les capacités perçues jouent un rôle plus marginal, tout comme la socialisation à la mobilité. Globalement, nos résultats invitent à nuancer l’idée d’un effet transformateur systématique unidirectionnel des événements de vie sur les comportements de mobilité quotidienne. Ces résultats plaident pour un recours à des méthodes complémentaires qualitatives afin de qualifier plus finement les liens entre les événements de vie et les changements de comportement de mobilité.